Comité Départemental Aviron 74

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Savoir utiliser son Cardio-fréquencemètre

SAVOIR BIEN UTILISER
SON CARDIO-FREQUENCEMETRE

Actuellement la plupart des sportifs, surtout dans les sports d’endurance, utilisent cet appareil électronique qui mesure à chaque instant leur fréquence cardiaque au cours de leurs activités physiques. Mais combien savent réellement l’utiliser ?

Pour progresser il importe d’utiliser correctement ce cardiofréquencemètre de la sorte les entraînements seront mieux adaptés et ils tiendront compte de la condition physique de l’utilisateur sur le plan cardiovasculaire. Il faut assimiler un cardio-fréquencemètre au compte tours d’une automobile qui vous renseigne si vous êtes en bas régime, en surrégime ou sous régime, il est adapté pour cibler ces objectifs.

Tout d’abord, il paraît important de connaître, sa fréquence cardiaque de repos (FCR) ainsi que sa fréquence cardiaque maximale (FC maximale). II ne faut surtout pas les comparer à celle de son voisin sportif; cela ne signifierait rien pour juger de son aptitude personnelle. Ces deux fréquences (FCR et FC maximale) sont spéci-fiques de son âge, de son sexe, des entraînements et aussi de bien d’autres facteurs. A savoir : période de digestion, surentraînement, surmenage, sédentarité, prise de poids, blessures musculaires, tabagisme, grossesse, etc...

La fréquence cardiaque de repos (FCR) se calcule lors du réveil en restant encore allongé quelques minutes bien décontracté à l’aide du cardiofréquencemètre ou si on sait le faire en prenant ses pulsations sur 15 secondes puis en multipliant par 4 le résultat, ce chiffre de FCR est alors identique à celui du cardiofréquencemètre). Il faut noter durant 4 ou 5 jours cette FCR chaque matin et déterminer ainsi la moyenne de sa FCR qui sera ensuite retenue pour les futurs calculs. L’opération est à répéter tous les trimestres car la FCR peut varier au cours des mois selon l’amélioration ou non de ses performances physiques.

Déterminer soi même sa fréquence cardiaque maximale peut s’avérer dangereux surtout si on est débutant, ancien fumeur ou si on possède en outre quelques facteurs de risques cardiovasculaires (diabète, hypercholestérolémie...), dangereux car on s’expose à « l’accident cardiaque ».

Quant à la formule statistique et théorique: fréquence cardiaque maximale chez l’homme 220 moins son âge, elle apparaît imprécise dans 10% des cas. Chez la femme, il faut retrancher à 226 son âge pour obtenir cette FC maximale.

De ce fait, il est préférable pour être précis et l’évaluer en toute sécurité de déterminer cette FC maximale lors d’une épreuve d’effort auprès d’un cardiologue. En outre, cet examen cardiovasculaire nous permettra de délivrer ultérieurement un certificat de non contre-indication médicale à la pratique du sport en qualité de licencié. Bien entendu ce test d’effort ainsi validé, ne constatant aucune anomalie sur le plan cardiovasculaire permettra ensuite de déterminer avec l’aide d’un entraîneur ou d’un ami sa propre FC maximale sur le terrain.

Par exemple, nous utilisons beaucoup en course à pied le test de Loger-Boucher ou d’autres tests similaires, nous en reparlerons ultérieurement.

Enfin, il est impératif d’utiliser en terme d’entraînement programmé non pas sa FC maximale en pourcentage d’intensité mais bien sa fréquence cardiaque de réserve.
Celle-ci se détermine simplement en retranchant à la FC maximale la FC de repos. Ainsi on peut écrire FC de réserve = FC maximale - FC de repos.

Exemple : On désire courir un l0 Kms en compétition, dans son programme d’entraînement, il est indiqué qu’on doit effectuer ce jour 45 minutes d’endurance « active » à 80% de sa vitesse aérobie maximale (ou VMA) après bien sûr s’être suffisamment échauffé par des footings lents.

On connaît bien entendu sa FC maximale qui est de 190 battements/min et sa FC de repos qui est de 50 battements/min par exemple. La FC de réserve est donc alors de 190-50 = 140 (cent quarante battements par minute) et l’intensité de 80% (0,8) de la vitesse maximale aérobie que l’on exige dans le programme sera, en terme de fréquence cardiaque 80% de la FC de réserve en y ajoutant la FC de repos, c’est-à-dire : 0,8 X 140 + 50, soit 112 + 50 = 162 battements/min et NON comme on aurait pu le calculer en se basant seulement sur sa FC maximale : 0,8X190 = 152 battements/min ; ces 10 pulsations supplémentaires permettront une qualité et quantité d’entraînement plus adaptées au profil de coureur à pied.

Connaissant sa FC de réserve, on peut ainsi apprécier exactement l’intensité relative de son effort.

Par exemple, si on doit soutenir une intensité d’effort à 80% de sa puissance maximale aérobie (PMA) on obtiendra sa fréquence cardiaque correspondante en multipliant par 0,8 (80%) sa FC de réserve et en y additionnant sa FC de repos.

Ce petit calcul montre bien que pour bénéficier de l’avantage d’utiliser un cardiofréquencemètre, il faut aussi connaître la méthode de calcul à partir de sa fréquence cardiaque de réserve et pas seulement de sa fréquence cardiaque maximale afin de la corréler au pourcentage de la vitesse aérobie maximale souhaitée lors d’un entraînement !

Docteur Gérard PETIT, Médecin du sport et marathonien


25/03/2010
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